Coup d’état universitaire à Lyon-III ?
Du moins, ça y ressemble. Guy Lavorel,
président intercontinental de notre université, vient de reporter sine die
l’élection de son successeur.
Dans un courrier adressé aux membres des
conseils centraux, Guy Lavorel tente maladroitement de justifier cette décision
en invoquant des discussions avec ses pairs autour de l’avant projet de loi sur
l’autonomie des universités.
Mais personne n’est dupe, tout le monde à bien
compris que plus qu’une situation juridique complexe, c’est bien l’alternance à
Lyon 3 que Guy Lavorel et son clan tentent d’empêcher.
A moins que cette décision n’ait pour seul
objet que de lui laisser le temps d’utiliser les nombreux miles qu’il a cumulés
au cours de son mandat. Ce qui serait vraiment mesquin !
L’UNEF et Hippocampe n’ont pas tardée à réagir.
Lyon 3 Point Info publie leur communiqué.
Appel à la
mobilisation
UNEF- Hippocampe
L’élection confisquée : 18 brumaire à Lyon
3
Nous avons
appris que par un coup de force inédit dans
l’histoire de l’Université française, le Président Lavorel avait décidé de
reporter sine die l’élection de son successeur prévue
le 3 juillet prochain. Sans doute vivement conseillé comme à l’accoutumée par
le quarteron qui l’entoure étroitement, il a interrompu sans
aucune concertation le processus électoral qu’il avait lui-même
enclenché en convoquant les membres des trois conseils de
l’Université.
Cette décision,
fondée sur des arguties juridico-politiques incompréhensibles et sur des bruits
de couloir entourant les éventuelles dispositions d’une loi encore
embryonnaire, est une insulte faite aux représentants élus des
conseils centraux de l’Université. D’ailleurs, les éléments sur
lesquels M. Lavorel tente de s’appuyer sont connus depuis plusieurs semaines et
il paraît étonnant de s’en servir aussi tardivement, dans la précipitation et la panique, et ce à quelques jours du
scrutin.
Il s’agit ni
plus ni moins d’une grossière manœuvre dilatoire, digne d’une République bananière, visant à « sauver les
meubles » et à empêcher l’alternance à l’Université Jean Moulin Lyon
3.
Si M Lavorel
souhaite que les discussions actuelles sur la réforme des universités ne
remettent pas en cause l’élection de son successeur, une solution simple,
salutaire et définitive s’impose à lui : la démission sans
délai. Le nouveau président ainsi élu ne serait pas touché par les
possibles changements générés par la loi sur l’autonomie des
universités.
A six jours de
la date initialement prévue pour cette élection, nous appelons la communauté
universitaire et l’ensemble des citoyens à réagir et à
s’insurger contre ce véritable déni de démocratie qui achève de
compromettre l’image et la réputation de notre université et
illustre encore une fois les pratiques claniques de gouvernance de l’équipe sortante.
M. Lavorel a
décidé de prendre aujourd’hui une mesure autoritaire
d’exception. L’Histoire a démontré que les lois d’exception étaient
rarement animées par un souci de transparence et de démocratie.
De facto, après
les différents errements connus dans les affaires Gollnisch, Pfeffer, et Guyot,
la présence de Guy Lavorel à la tête de l’Université Jean Moulin Lyon 3 n’est
plus acceptable.Il doit aujourd’hui se soumettre ou se
démettre.
Nous demandons à
Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche de tirer les
conséquences de ce pronunciamiento universitaire en
plaçant immédiatement notre université sous la tutelle du
Recteur de l’Académie de Lyon et en faisant procéder à la
nomination d’un administrateur provisoire
et indépendant chargé de l’organisation de l’élection
d’un nouveau président de l’Université Jean Moulin Lyon 3.
Dans la
situation actuelle, l’Université Lyon 3 risque d’être encore plus isolée au sein de
la communauté universitaire notamment auprès des autres membres du
PRES qui doivent s’interroger sur cette situation insupportable qui ne manquera
pas de marginaliser Lyon 3 durant des mois au sein de cette
institution.
Nous appelons
l’ensemble des personnels et usagers de Lyon 3 à saisir le juge administratif
d’un référé suspension accompagné d’un recours en annulation pour excès de pouvoir contre la décision de
M. Lavorel.
Aujourd’hui le
droit doit reprendre l’initiative à Lyon 3 sur l’improvisation
et les manoeuvres décidées en catimini et à la
sauvette visant à conserver la présidence de l’Université à tout
prix.