Communiqué UNEF - Hippocampe
Pfeffer : « Et chèque et mat »
La sanction
Le CNESER, réuni en formation
disciplinaire le 5 février 2007, a exclu de l’enseignement supérieur pour une
durée de deux années avec privation intégrale de traitement le Maître de
Conférences en Droit Jean-Claude Pfeffer, par ailleurs responsable à Lyon 3
d’une licence au nom évocateur de « gestion des activités transversales ».
Ce dernier, qui doit pour les
mêmes faits comparaître le 21 mars prochain devant le tribunal correctionnel de
Lyon pour abus de confiance, avait encaissé sur son compte personnel le chèque
d’inscription d’une étudiante étrangère d’un montant de 34 444 francs avant de
restituer l’argent, plusieurs mois après, lors de la découverte des faits par
l’agent comptable de l’Université. Cette situation avait privé l’étudiante
concernée des bénéfices d’une inscription à l’Université et notamment, lui
avait empêché, durant plusieurs mois, d’accéder à la Sécurité Sociale.
Dès la notification de la
décision, nous exigeons de la présidence de l’Université que, contrairement aux
atermoiements inacceptables et toujours inexpliqués de l’affaire Gollnisch, la
décision comptable de suspendre le traitement de M. Pfeffer soit prise sans
délai avec la rigueur et l’alacrité qu’exigent les missions de service
public.
Cette sanction exemplaire et
juste est le fruit d’un travail effectué par nos associations depuis près de
six années, qui malgré les menaces et les tentatives de déstabilisation, ont
tout fait pour que cette affaire aboutisse à son terme.
Nous tenons par ailleurs à
saluer l’action dynamique et loyale de M. Alain Morvan, recteur de l’Académie
de Lyon et Chancelier des Universités, qui a su défendre, avec un sens aigu du
service public, les intérêts moraux de la communauté universitaire.
Nous tenons à ne pas saluer
l’attitude inerte du Président Guy Lavorel qui n’a jamais voulu entendre les
éléments dont nous disposions dans
//
cette affaire, ne daignant même pas répondre à nos nombreux courriers
recommandés l’alertant de la situation de M. Pfeffer.
De Charybde
en Scylla
En adoptant une stratégie
dilatoire, le Président Lavorel a engagé sa responsabilité morale et
universitaire. Il doit désormais rendre des comptes à la communauté
universitaire et aux étudiants.
De facto, il y a vacance du
pouvoir à l’Université Jean Moulin Lyon-III.
Dans ces circonstances, nous
demandons au Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et
de la Recherche, conformément aux dispositions prévues par le Code de
l’Education, de placer l’Université Jean Moulin sous la tutelle directe du
Recteur de l’Académie de Lyon, Chancelier des Universités. Nous lui rappelons
que depuis plus de trente années, l’Université Jean Moulin alimente la
chronique des faits divers et que cette situation doit cesser dans l’intérêt
des personnels et des étudiants de cet établissement.
En attendant
Guyot
Par ailleurs, alors que
pendant plusieurs années, M. Pfeffer a été le zélé bras droit de Gilles Guyot,
ce dernier n’a même pas daigné répondre à la convocation qui lui avait été
adressée par le CNESER et n’a visiblement pas jugé opportun de venir défendre
hier son « ami de 30 ans ». A ce sujet, nous sommes une fois de plus consternés
de constater que la section disciplinaire statuant sur le cas de Gilles Guyot
instruit ce dossier depuis le mois d’octobre et nous avons toutes les raisons
de craindre, comme dans l’affaire Pfeffer, une absence de sanction de la part
de l’Université Jean Moulin à l’encontre de M. Guyot. Dans cette ténébreuse
affaire, Lyon 3, comme à l’accoutumée, semble vouloir ne pas assumer ses
responsabilités et se défausser sur le Ministère de l’Education Nationale.