Lyon 3, plus jamais ça : Bonnet Brun et Brun Bonnet …
Par Lyon 3 Point Info le jeudi 24 janvier 2008, 18:00 - Elections du 29 janvier 2008 - Lien permanent
Lyon 3 Point Info s'est procuré la
profession de foi de la liste "Jean
Moulin Renouveau" emmenée par Hugues Fulchiron et celle de la liste
"Lyon 3
toujours" conduite par Jacques Bonnet. Petite analyse de cette
dernière...
Le pire n'est jamais décevant.
Les tenanciers de la liste « Lyon 3 toujours » candidate au Conseil
d'administration de ladite université en sont la preuve irréfutable. Les
observateurs tatillons remarqueront au débotté et avec Sigmund Freud que le nom
de Jean Moulin a disparu de cette épopée wagnérienne. Car c'est bien Lyon 3
qu'on veut défendre. Jean Moulin, c'est décoratif et superfétatoire.
« C'était mieux avant ! ». La profession de foi de Lyon 3 for ever, aux accents cabreliens mêlés de neurasthénie et de nostalgie, est un long et douloureux plaidoyer en faveur d'un retour en arrière, façon Restauration des Bourbons. Sous couvert « d'une conception libérale de la vie intellectuelle », les colistiers de Jacques Bonnet – Laudator temporis acti dont la paranoïa anti-syndicale est toujours fervente – nourrissent en réalité de duveteux rêves conservateurs. Tellement conservateur que des esprits futiles auraient déjà surnommé cette liste E 200, du nom de l'anhydride sulfureux – il va s'en dire -, un conservateur puissant qu'on ajoute aux vins et spiritueux.
Dérive autoritaire ! Nos fiers prétendants nous assurent même de « contrôler les risques de dérive autoritaire ». Je pouffe. C'est bien connu, après l'Empire autoritaire, voici venu le temps de l'Empire libéral. Après le 2 décembre, voici le droit syndical. Après Rouher, Ollivier. Mais après Solférino, Sedan. Le lecteur observera à cet instant une minute de silence à la mémoire de Claude Marsot qui, à peine retourné à ses premières amours départementales – enfin, tant qu'il existe encore des départements – se voit ainsi lâchement trahi par un programme aussi libertaire.
Lyon 3 éternelle, celle « qui ne ment pas » comme disait l'autre, n'est évidemment « inféodée à aucun parti ». A ce titre, les mémoires du CNESER n'oublieront pas de si tôt la magnifique oraison prononcée par Jacques Goudet – le père nourricier et putatif du présent lignage – pour la défense de Bruno Gollnisch et en faveur de l'apolitisme à l'Université. Il fallait voir la scène. Un vrai Greuze ! Même Gollnisch a écrasé une petite larme. Car il faut dire qu'en la matière, nos amis sont à peu de choses près à l'apolitisme ce que Nicolas Sarkozy est à la laïcité : de vrais croisés ! Et avec une ardeur messianique, les candidats de promettre « une université respectueuse du pluralisme ». Il y aussi des poissons volants, mais, comme disait Audiard, « ils ne constituent pas la majorité du genre ».
Mai 68 Revival. Quoiqu'ils s'en défendent, les partisans de Lyon 3 éternelle, mi-lisse et mythifiée, se sont appropriés les topoi de Mai 68. Finalement, Guy Lavorel président, c'était une forme très lyonnaise de l'imagination au pouvoir, chaque prise de parole dudit président baignant toujours dans une atmosphère poétique éthérée, toujours désireux de vous démontrer à travers un dédale de circonvolutions syntaxiques interminables qu'un « paradoxe n'est pas toujours une fausseté ». Et surtout les 350 000 euros de frais de bouche sont une concrétisation gastronomique du célèbre « Jouissez sans entraves ». Le non moins célèbre « le mandarin est en vous » aurait trouvé une juste place sur les murs du bureau d'un ancien président de Lyon 3 actuellement en goguette en Inde. Décidément, ceux qui n'ont pas connu Lyon 3 avant 2007 ne savent pas ce qu'est la douceur de vivre
Poujade est vivant ! Stimulant les plus bas instincts du corps professoral, nos colistiers tentent même d'agiter le chiffon rouge du parti de l'étranger et la complainte moisie du « gros » qui écrase le « petit », du gigantisme assassin des petites gens évidemment incarné par le PRES. Pour résumer, une vision boutiquière, clochemerlesque, rance, faisandée et momifiée de l'Université.
Il faut se résigner à leur dire. Le Mur de Berlin est tombé. L'Université de Papa Goudet n'est plus.
