*Lettre ouverte au Président de la République

/par Stéphane Nivet, vice président de l’association Hippocampe/

Monsieur le Président de la République

Nous avons malheureusement toutes les raisons de croire qu’il va vous être demandé par plusieurs membres de votre gouvernement de mettre fin dans un futur très proche aux fonctions de M. Alain Morvan, Recteur de l’Académie de Lyon et Chancelier des Universités.

Vous avez exhorté les Français dans votre allocution télévisée du 11 mars dernier à ne jamais « composer avec l’extrémisme, le racisme et l’antisémitisme ». C’est précisément contre cette tentation que vous avez été réélu en 2002.

Aux yeux de tous, et ce en pleine période électorale, il serait incompréhensible et choquant de mettre un terme aux fonctions d’un homme qui, à Lyon, a su incarner avec honneur et courage la lutte contre l’extrémisme et toutes les tentatives communautaristes de ceux qui, masqués ou non, s’évertuent à brader à la découpe.

Le Recteur Morvan n’a pas à rougir de son action à Lyon, bien au contraire. Nous vous rappelons qu’à l’occasion du 60ème anniversaire de la libération des camps nazis, Alain Morvan, entouré pour l’occasion de la regrettée Lucie Aubrac, a délivré aux élèves du Lycée Ampère un message de fermeté contre le négationnisme que les consciences lyonnaises n’oublieront pas de sitôt.

Dans le cas présent, vous livrer à ce qui serait immanquablement interprété comme un limogeage vous attirerait sans conteste les louanges de ceux qui à l’extrême droite, ont eu à subir les foudres déterminées du Recteur Morvan; louanges auxquelles ne manqueraient pas de s'adjoindre sans honte ceux qui ont récemment été sanctionnés, à l’initiative du Recteur Morvan, notamment par la justice disciplinaire, pour avoir confondu leurs intérêts personnels avec ceux ce l’Université lyonnaise et ainsi porté atteinte à l’honneur et à la probité de leurs fonctions.

Nous espérons que vous saurez rester ferme malgré, nous n’en doutons pas, les pressions incroyables de ceux qui depuis des mois tentent de déstabiliser le Recteur Morvan.