Lyon 3 Point Info s'est procuré la
profession de foi de la liste "Jean
Moulin Renouveau" emmenée par Hugues Fulchiron et celle de la liste
"Lyon 3
toujours" conduite par Jacques Bonnet. Petite analyse de cette
dernière...
Le pire n'est jamais décevant.
Les tenanciers de la liste « Lyon 3 toujours » candidate au Conseil
d'administration de ladite université en sont la preuve irréfutable. Les
observateurs tatillons remarqueront au débotté et avec Sigmund Freud que le nom
de Jean Moulin a disparu de cette épopée wagnérienne. Car c'est bien Lyon 3
qu'on veut défendre. Jean Moulin, c'est décoratif et superfétatoire.
« C'était mieux
avant ! ». La profession
de foi de Lyon 3 for ever, aux accents cabreliens mêlés de
neurasthénie et de nostalgie, est un long et douloureux plaidoyer en faveur
d'un retour en arrière, façon Restauration des Bourbons. Sous couvert
« d'une conception libérale de la vie intellectuelle », les
colistiers de Jacques Bonnet – Laudator temporis acti dont la paranoïa
anti-syndicale est toujours fervente – nourrissent en réalité de duveteux rêves
conservateurs. Tellement conservateur que des esprits futiles auraient déjà
surnommé cette liste E 200, du nom de l'anhydride sulfureux – il va s'en dire
-, un conservateur puissant qu'on ajoute aux vins et spiritueux.
Dérive autoritaire ! Nos fiers
prétendants nous assurent même de « contrôler les risques de dérive
autoritaire ». Je pouffe. C'est bien connu, après l'Empire autoritaire,
voici venu le temps de l'Empire libéral. Après le 2 décembre, voici le droit
syndical. Après Rouher, Ollivier. Mais après Solférino, Sedan. Le lecteur
observera à cet instant une minute de silence à la mémoire de Claude Marsot
qui, à peine retourné à ses premières amours départementales – enfin, tant
qu'il existe encore des départements – se voit ainsi lâchement trahi par un
programme aussi libertaire.
Lyon 3 éternelle, celle
« qui ne ment pas » comme disait l'autre, n'est évidemment
« inféodée à aucun parti ». A ce titre, les mémoires du CNESER
n'oublieront pas de si tôt la magnifique oraison prononcée par Jacques Goudet –
le père nourricier et putatif du présent lignage – pour la défense de Bruno
Gollnisch et en faveur de l'apolitisme à l'Université. Il fallait voir la
scène. Un vrai Greuze ! Même Gollnisch a écrasé une petite larme. Car il
faut dire qu'en la matière, nos amis sont à peu de choses près à l'apolitisme
ce que Nicolas Sarkozy est à la laïcité : de vrais croisés ! Et avec
une ardeur messianique, les candidats de promettre « une université
respectueuse du pluralisme ». Il y aussi des poissons volants, mais, comme
disait Audiard, « ils ne constituent pas la majorité du genre ».
Mai 68 Revival. Quoiqu'ils
s'en défendent, les partisans de Lyon 3 éternelle, mi-lisse et mythifiée, se
sont appropriés les topoi de Mai 68. Finalement, Guy Lavorel président, c'était
une forme très lyonnaise de l'imagination au pouvoir, chaque prise de parole
dudit président baignant toujours dans une atmosphère poétique éthérée,
toujours désireux de vous démontrer à travers un dédale de circonvolutions
syntaxiques interminables qu'un « paradoxe n'est pas toujours une
fausseté ». Et surtout les 350 000 euros de frais de bouche sont une
concrétisation gastronomique du célèbre « Jouissez sans entraves ».
Le non moins célèbre « le mandarin est en vous » aurait trouvé une
juste place sur les murs du bureau d'un ancien président de Lyon 3 actuellement
en goguette en Inde. Décidément, ceux qui n'ont pas connu Lyon 3 avant 2007 ne
savent pas ce qu'est la douceur de vivre
Poujade est vivant !
Stimulant les plus bas instincts du corps professoral, nos colistiers tentent
même d'agiter le chiffon rouge du parti de l'étranger et la complainte moisie
du « gros » qui écrase le « petit », du gigantisme assassin
des petites gens évidemment incarné par le PRES. Pour résumer, une vision
boutiquière, clochemerlesque, rance, faisandée et momifiée de l'Université.
Il faut se résigner à leur dire. Le Mur de
Berlin est tombé. L'Université de Papa Goudet n'est plus.