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Justice

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vendredi 1 février 2008

Buffet froid : Grande bouffe et petite sœur

La Cour d'Appel de Lyon examinait mercredi 30 janvier deux appels formés par Gilles Guyot, ancien président de notre Université et, à ce titre, jadis grand ordonnateur de toutes choses, et notamment du budget, entre 1997 et 2002.

Deux délits potentiels sont reprochés à Sa Sainteté: le délit de favoritisme dans l'octroi de marchés publics et la prise illégale d'intérêt.

Retour sur une audience roborative, avec fromage et dessert, bonne chère et mauvaise foi.

Grand train, petits fours et libations.  La prodigalité de Lyon 3 en matière de bouffetance et autres largesses alambiquées semble étonner le tribunal. En guise d'amuse-bouche, Gilles Guyot souhaite expliquer à la Cour le niveau élyséen des dépenses gastronomico-spiritueuses de Lyon 3 entre 1999 et 2002. Il a donné une « dimension planétaire », Urbi et Orbi, à Lyon 3. En bon Amphitryon, il a mis les petits plats dans les grands pour recevoir aussi bien qu'on l'avait reçu all over the world. Et le prévenu de conclure que lui-même y a peu goûté, qu'il n'est pas le suppôt de Bacchus qu'on aurait pu soupçonner derrière les 1300 euros par jour ouvrable consacrés par Lyon 3 à la boustifaille, qu'il n'est pas le dipsomane qu'on aurait pu entrevoir derrière les milliers euros de picrate. Le président l'interrompt et met fin à cette auto-psychanalyse sous-ventrière qui dépassait dans les grandes largeurs les termes de la prévention.

Confiteor. Quant aux règles de passation des marchés publics en la matière, l'objet même du délit présumé, il confesse, lui le professeur de gestion de classe mondiale comme on l'a vu mais aussi de classe exceptionnelle, avoir méconnu le Code des marchés publics, n'étant pas juriste. Sans compter que le passage à l'euro en 2002 aurait fait buggé l'ordonnateur budgétaire. Tout le monde pouffe. Sans rougir, l'appelant, toute honte bue – et pour cause - conclue même que le recteur-chancelier n'a jamais rien trouvé à redire à ces dépenses nababéennes et que son représentant siégeait au Conseil d'administration de Lyon 3. Voilà donc que notre universitaire autonomiste tendance canal-historique se transforme en apologiste préretraité de la tutelle des universités par leur Chancelier. L'argument a failli porter mais il se trouve que le recteur en question était Alain Morvan et qu'il n'a jamais fait mystère, dès qu'il en a eu connaissance, d'immenses réserves – et j'euphémise ! – quant à la gestion noceuse de Lyon 3.

Absoute. Parole à l'accusation. L'avocat général recentre le débat. M. Guyot n'est ni simplet, ni gribouille. Il est docteur en gestion, membre du Conseil d'administration de Lyon 3 depuis 1973, directeur de l'IAE. Tout sauf un perdreau de l'année. , L'avocat général stigmatise une volonté de dissimuler « des actes occultes manifestés par le rapport de la Chambre régionale des Comptes ». Pour continuer à traiter de gré à gré avec les prestataires de bonne chère et pour éviter d'atteindre le seuil des marchés publics, M. Guyot « saucissonne, émiette, émince, en coupe réglée » l'addition, histoire de dépoivrer la douloureuse, d'évaporer la gueule de bois.

Sacrifice propitiatoire. En guise de dessert de cette matinée rabelaisienne, une victime expiatoire : Guy Lavorel. La solitude sur le banc des prévenus semblait peser à Gilles Guyot. A plusieurs reprises, il insiste, jaloux : « Lavorel a eu de la chance. Lui, on ne lui a rien dit » et son avocat d'enfoncer le clou «  En réquisitionnant l'agent comptable à 104 reprises pour des frais de bouche. M. Lavorel s'est assis à 104 reprises sur le respect du seuil, violant la loi à 104 reprises et pourtant il n'a pas été poursuivi ».

Une fine pour la route. Cette matinée n'aurait pas été complète sans une conclusion pagnolesque :

- Le Président : « Quand même, Monsieur Guyot, passer des marchés dans ces conditions ! Tout de même, on n'est pas à Marseille ! »

- Gilles Guyot : « Vous savez, Lyon, c'est Midi moins le quart ! ».

Addition le 27 février prochain.


« Pour toi je vibre, ô, ma sœur ! »

Ascensoeur social. Gilles guyot a signé en 2002, à l'extrême fi de sa présidence et à l'extrême début de celle de Guy Lavorel, on ne sait plus trop, le contrat d'embauche de sa sœur. N'ayant plus d'activité principale, Mademoiselle Geneviève Guyot ne pouvait plus prétendre à quelques vacations. Grâce à cette glissade contractuelle, la bien nommée pouvait encore enseigner à Lyon 3.

Hors sujet. Gilles Guyot a fourni une défense qui, comme c'était la coutume à Lyon 3, était alambiquée. Il confesse avoir été imprudent, ne pas être assez méfiant, trop volontariste. Il a voulu « dépanner » Guy Lavorel qui avait refusé de signer le contrat. Un excès de confiance en somme. Et puis il glisse, il s'épanche, il transpire : « Et puis, dans l'Université, qu'on le veuille ou non, comme l'a dit Madame Demichel en première instance, il y a toujours des personnes de la même famille ». A Lyon 3, pendant longtemps, l'annuaire des services a d'ailleurs fait office d'arbre généalogique. Pour sa défense, il tient à rappeler que sa soeur est très très compétente et que les étudiants n'ont pas eu à souffrir de ces enseignements. Le Président lui rétorque que ce n'est pas le problème, la Cour d'Appel n'est pas une commission de spécialiste. Que ladite Geneviève soit nullissime ou nobélisable, là n'est pas la question même si tout le monde connaît la réponse. La question est de savoir pourquoi il a, lui le frère président, signé le contrat de cadette. Face à ce fatras d'explications confusément distillées, le Président conclue : « M. Guyot, savez-vous ce que signifie le mot NEPOTISME ? ». Et Guyot de répondre, penaud : « Oui, j'ai fait du latin ».

Amerthune. Le réquisitoire est impeccable. L'avocat général soulève un point important : le doute quant à la publication du poste visé montre qu'il s'agissait bien d'un mode de recrutement occulte. En définitive, les choses doivent être claires : « S'il est fonctionnaire, un frère n'embauche pas sas sœur. Et c'est un bienfait et un progrès pour la fonction publique. Vous ne semblez pas réaliser que la prise illégale d'intérêt touche tous les fonctionnaires. Vous ne deviez surtout pas signer ce contrat. C'est aussi simple, biblique, que cela ». Les yeux baissés vers ses mocassins à gland et contemplant son magnifique couvre-chef texan, Gilles Guyot accuse le coup. Le parquet demande la confirmation de la peine. Retour au terminus des prétentieux.

Verdict le 27 février.

 

dimanche 27 janvier 2008

Justice: la saga Guyot continue

« La justice, c'est comme la Sainte Vierge. Si elle n'apparaît pas de temps en temps, le doute s'installe. » Michel Audiard.

En l'occurrence, la prochaine apparition – de la Justice pas de la Vierge – aura lieu mercredi 30 janvier à 9 heures, Urbi et Orbi, à l'occasion de la comparution de l'illustrissime Gilles Guyot, ancien président de Lyon 3, chevalier de la Légion d'Honneur (merci Raymond Barre), fan de Michel Sardou et, à l'instar de Nicolas Sarkozy, des mocassins à glands, pour, excusez du peu, faux en écriture publique, prise illégale d'intérêts et délit de favoritisme dans l'octroi de marchés publics.

Actuellement en Inde où il s'est tapé l'incruste dans la délégation de Valérie Pécresse avec l'autorisation de … personne, nous espérons qu'il rentrera dans les délais pour comparaître devant ses juges. Chacun se demande déjà si Claude Marsot aura pris une RTT au Conseil Général du Rhône pour venir soutenir son mentor, son guide, sa boussole, le nautonier de son Bateau Ivre.

Souhaitons que dans ces affaires, le glaive de la Justice n'ait pas de fourreau.

jeudi 14 juin 2007

Nouvelle condamnation de Gilles Guyot: demandez le jugement!

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