Il faudra bien un jour faire
un sort à cette célèbre association qui sévit à l’Université Lyon 3 depuis plus
de 30 ans : la Corpo. Ou comment des organisateurs de soirées étudiantes,
les bras armés de la licence 4 et autres distributions de crêpes aux étudiants
prétendent, sous couvert d’apolitisme évidemment, participer à la gestion d’une
université.
Car la Corpo est apolitique
mais la double appartenance avec l’UMP est tolérée, voire, vivement souhaitée.
Et puis La Corpo est très ouverte, jusqu’aux villiéristes voire au-delà.
Durant 30 années, la Corpo a
été l’antichambre du milieu édilitaire de Lyon 3, avec une succession de
présidents ou de membres qui forcent aujourd’hui le respect : Gilles
Guyot, Jean-Claude Pfeffer et fils, Patrick Louis.
Fer de lance de
l’immobilisme, de l’inertie, de l’endogamie politique, du corporatisme faluché
et de cette « Université qui ne ment pas », la Corpo s’est
particulièrement distinguée pour son attitude contemplative et dévôte. Encore
cinq ans et Benoît XVI ouvre le procès en canonisation. Les dérives d’extrême
droite ? Circulez, y a rien à voir, des trucs d’agitateurs gauchistes et des
agents de Moscou, « des tambouilles que font quelques
enseignants dans leur coin » comme disait Jérémie Garcin, ancien président
de la Corpo, par ailleurs aujourd’hui candidat sur les listes de M. Perben
.
Le plus bel éloge, quasi
funèbre, de cette noble association fut sans doute celui délivré par le
padre Jacques Goudet, ancien grand douairier canal historique, venu
défendre Bruno Gollnisch devant les instances disciplinaires de l’Education
Nationale. Une fête familiale en somme. Et ce grand admirateur de la culture
italienne de l’entre-deux-guerres de rêver tout haut « une université où
la majorité des étudiants élus ne sont pas de gauche, comme ceux de la Corpo
Droit ou de la Corpo Gestion par exemple ». Car Jacques Goudet adore les
associations loi 1901, comme le service d’action civique dont il fut un des
cadres à Lyon.
350 000 euros de
boustifaille dépensés avec les droits d’inscription des étudiants, et la
Corpo ignore, fait sa hautaine, opine du chef. Abracadabrantesque. 75 000
euros de cravate et foulards payés par les étudiants ? Rien à redire la
Corpo, les cravates, elle adore ça ! Et hop, ça fait pchitttttt. Un
président qui embauche sa sœur. La Corpo n’est pas choquée, l’université est
une grande famille.
Il ne serait donc pas
indécent que lors des prochaines élections à Lyon 3, le 12 février, les
étudiants fassent un sort indiscutable à cet ancien fleuron d’un système qui
vient d’imploser. Renvoyez la Corpo à ces chères soirées, elle n’a franchement
rien à faire dans un Conseil d’administration.